Réali­sa­tions

« Nous et moi »
docu­men­taire 16 mm (1969)

Ce film, bien qu’il ne soit qu’un « film d’étude » de première année, a joué un rôle primor­dial dans toute ma vie.

Il est le départ de mon amour pour le docu­men­taire et une envie constante de mettre la « vie » en image avec sincé­rité. Pour racon­ter l’his­toire de mes parents, leur divorce, il n’y avait pas de « triche » possible.

J’ai tourné ce film pratique­ment seule, l’œil collé au viseur de la caméra, tout en inter­vie­want ma mère. Au préa­lable, j’ai réalisé des enre­gis­tre­ments audio avec mon père, qui ont servi à créer un « face à face » arti­fi­ciel entre mes parents.

Voici une suite d’ex­trait :

 

« Anec­dote »
court métrage de fiction, 35 mm (1970)

Le départ de l’his­toire :
La petite Gabi, au lieu de rentrer après l’école, glan­douille. En arri­vant à la maison, elle est gron­dée par son père qui l’élève seul. Prise de remords, Gabi décide de « partir au bout du monde ». Le père entre dans son jeu et la laisse faire. La petite fille fait son balu­chon… (Extraits)

 

« Les enfants et la Révo­lu­tion »

et « Hors cadre »

Fiction et repor­tage, vidéo VHS, 26 minutes (1989)

 

Ces deux films repré­sentent un de mes meilleurs souve­nirs !

1989 : C’est l’an­née du Bicen­te­naire de la Révo­lu­tion française. À l’école élémen­taire de mon village, avec Hélène Sandré-Perdriat, direc­trice, nous avons créé un atelier vidéo, sans préten­tion. Cet atelier a été le départ d’un PAE (Plan d’Ac­tion Éduca­tif) et a donné nais­sance, au bout de 7 mois, à un film de fiction de 26 minutes. Le film a été écrit et joué par les 150 élèves, tourné par une équipe d’en­fants formés dans l’ate­lier vidéo. Durant l’an­née scolaire les enfants, du CP au CM2, ont travaillé sur des épisodes marquants de la Révo­lu­tion et chaque classe a écrit une séquence dialo­guée, sur les thèmes suivants :

Les cahiers de doléances ; conver­sa­tion entre un noble, un membre du clergé et un bour­geois sur l’état de la France ; la réunion du Tiers état ; le serment de Jeu de Paume ; la famine et la fuite à Varennes.

Pour la réali­sa­tion, l’école entière s’est mobi­li­sée, les parents ont fabriqué les costumes et acces­soires, avant de nous accom­pa­gner durant le tour­nage.

L’École Normale de l’Es­sonne (IUFM plus tard) située dans le village, a apporté le concours de son dépar­te­ment audio­vi­suel, en maté­riel de tour­nage et en parti­ci­pa­tion active des deux respon­sables (Emma­nuel Gérard et Stéphane Humbert). Nous étions 3 adultes à faire l’adap­ta­tion ciné­ma­to­gra­phique des séquences des enfants et à diri­ger l’équipe de tour­nage. Moi-même, j’en ai réalisé un épisode dont je vous présente un extrait.

Paral­lè­le­ment, une équipe auto­nome, sans enca­dre­ment et avec un camé­scope prêté par un papa, a mis en boîte le « tour­nage du tour­nage », devenu le film « Hors cadre ».

J’ai assuré le montage des deux films et la tota­lité de la post­pro­duc­tion. Évidem­ment, la tech­nique employée reflète cette époque (le numé­rique n’est pas encore né) : nous avons tourné et monté en VHS où les géné­ra­tions succes­sives ont large­ment dété­rioré la qualité de l’image. Mais le contenu emporte sur les défauts de cette tech­nique.

À l’is­sue de ces mois de mobi­li­sa­tion, en mai 1989, une projec­tion simul­ta­née dans plusieurs salles de classe a permis à la quasi-tota­lité des habi­tants d’ad­mi­rer le travail de leurs enfants. Un an plus tard, ce film a reçu le 2e prix, parmi 200 films présen­tés au festi­val ECOLIMAGE.

 

« Les Mousque­taires de la Sécu »
Docu­men­taire 52 minutes,

Ce film est le portrait d’un groupe de 4 personnes : les « mousque­taires », agents de la Sécu­rité Sociale de Caen. Leur rôle est de trou­ver et aider des personnes dans le besoin qui n’ont pas de couver­ture sociale, afin de leur en établir une. Ils sillonnent le dépar­te­ment à la recherche de ces personnes. Au fil des années, ils ont construit un réseau : asso­cia­tions, béné­voles, éduca­teurs font appel à eux. Françoise, les deux Gérard, Alain, sont constam­ment dispo­nibles et moti­vés. Ils ont de l’hu­mour, pour­tant ils côtoient la misère tous les jours…

 

Réali­ser ce film, c’était une sorte de rêve, pour moi ! J’ai pu mettre en pratique mon style de travail, presque « arti­sa­nal » : écou­ter, prépa­rer, afin d’éli­mi­ner au maxi­mum les impré­vus et pouvoir lais­ser « la vie jouer son rôle ».

Marie Odile Gazin a trouvé le sujet, presque par hasard. J’ai écrit un avant-projet que France 2 a très rapi­de­ment accepté. Je suis partie pour une semaine à Caen pour des inter­views préa­lables, faire connais­sance avec toutes les personnes et lieux, puis j’ai écrit un scéna­rio très complet.

Grâce au produc­teur, Jean-Jacques Mauriat, j’ai pu dispo­ser de condi­tions confor­tables et d’une équipe formi­dable. Jean-François Plet à la caméra, Jean Pierre Fougères au son, Jean Pierre Gran­di­dier l’as­sis­tant à tout faire et Stépha­nie Hermini au montage. Jean-Jacques m’a donné le plus précieux : du temps. J’ai pu décou­per mon scéna­rio, après une nouvelle semaine à Caen, établir un plan travail en colla­bo­ra­tion avec le chef opéra­teur et tour­ner avec cette petite équipe dans le calme et la séré­nité. Ils m’ont épau­lée, même dans les moments diffi­ciles, simple­ment parce qu’ils ont appré­cié mon degré de prépa­ra­tion, en amont. Je n’ai jamais eu à me batailler pour tour­ner tel ou tel plan. Quant aux Mousque­taires et aux personnes présentes dans le film, tous ont été dispo­nibles et sincères devant la caméra.

Au montage, grâce à Stépha­nie, mon ancienne assis­tante monteuse, j’ai pu rester la réali­sa­trice. Je n’ai jamais eu l’im­pres­sion qu’un raccord aurait été mieux fait par moi-même.

Je ne dis pas que c’est un film parfait : j’ai commis des erreurs, mais nous l’avons fait avec bonheur et il conti­nue sa carrière. Après France 2, il a été acheté par France 5, puis redif­fusé dans presque tous les pays fran­co­phones.

Malheu­reu­se­ment, malgré la fin opti­miste, il est toujours actua­lité ; les sans-logis sont légion… La preuve, il est toujours dispo­nible dans le Média­thèque des « Écrans du social ».